Le Parlement européen accueille une cérémonie en hommage au journaliste assassiné Hrant Dink

Communiqué UGAB Europe - 23/01/2015

Graf Lambsdorff, vice-président du PE, salue “un homme courageux” qui a “incarné les valeurs de l'Europe”. La veuve de Dink invite l'auditoire à commémorer le génocide arménien à Istanbul, le 24 avril 2015.

Le 21 janvier s'est tenue au Parlement européen une commémoration en l'honneur du journaliste arménien de Turquie, Hrant Dink. Ce fut l'occasion de célébrer la mémoire d'un homme devenu une icône du mouvement pour les droits civils en Turquie en raison de son combat pour la liberté d'expression et pour les minorités.

L'événement était organisé conjointement par Frank Engel (groupe PPE), l'organisation arménienne UGAB Europe, le réseau anti-raciste européen EGAM ainsi que l'association turque DurDe! Il suivait de peu la commémoration qui a réuni des dizaines de milliers de personnes à Istanbul le 19 janvier dernier. D'autres cérémonies ont également été organisées dans divers pays européens.

La veuve du journaliste, Rakel Dink, a témoigné au sujet du combat qu'elle a partagé avec son mari, pour une société plus juste. Son discours a également cité un article du journaliste assassiné pour évoquer le centenaire du génocide arménien: «Le temps est venu de commémorer ce 24 avril sur cette terre sur laquelle nous devons nous rappeler ensemble de tous ces gens et souhaiter la paix de leurs âmes. Ce sera un jour où la douleur partagée donnera naissance à une multitude de joies. Ce jour ne doit pas seulement soulager la peine du peuple arménien, mais doit également incarner l'esprit même de la démocratisation de la Turquie.» Rakel Dink a conclu en invitant le public à venir commémorer le centenaire du génocide à Istanbul.

Frank Engel, membre du Parlement européen et organisateur de la cérémonie, a rappelé qu'il s'agissait de «la commémoration d'un homme qui défendait la paix entre nations et la liberté d'expression. Mais il était également un modèle de citoyenneté, de l'implication citoyenne».

Des propos appuyés par Alexander Graf Lambsdorff, vice-Président et membre du Parlement européen : «La liberté d'expression, c'est avoir le courage de publier des propos qui ne plaisent pas aux autorités. [...] Il était courageux [...] Hrant Dink représente de nombreuses valeurs chères à l’Union européenne: la liberté d’expression, le droit des minorités, le combat contre la violence politique.»

Yervant Zorian, membre du Conseil central de l'UGAB, a lui inscrit le combat de Dink dans une tradition arménienne: «Historiquement, le peuple arménien a subi l'oppression [...] C'est un peuple disséminé aux quatre coins du monde, qui vit côte à côte avec d'autres nationalités. Les Arméniens ont appris à vivre dans la tolérance avec les autres cultures. C'est en cela que Hrant Dink est particulièrement arménien et qu'il représente un symbole pour ce peuple».

Une idée complétée par Levent Sensever, représentant l'association anti-raciste turque DurDe! qui affirme que «Hrant Dink est un exemple à suivre pour les Turcs et pour le reste du monde».

Benjamin Abtan, président de l'EGAM a de son côté établi un parallèle avec l'attentat contre le journal Charlie Hebdo: «Ce qui est arrivé est horrible. Comment ne pas avoir peur quand des terroristes font de vous une cible à anéantir? C'est un sentiment normal. Mais la vérité est plus importante. Même si Hrant Dink n'est plus parmi nous, son message reste: continuer à se battre pour la vérité, particulièrement pour l’héritage arménien, faire connaître la valeur de la diversité des identités des peuples.»

Photos de l'événement: www.agbueurope.org/gallery