LE PEUPLE INVISIBLE : Sur la piste des Arméniens de Turquie

Auteur : Milène Sinem Karatas.

Editeur : Thaddée. Collection : Témoignages

Date de parution : 2 juin 2016  - ISBN : 978 2919131310 - Prix : 12,00€

Extrait de la préface d’Ahmet Insel: Une Turquie plurielle, reconnaissant l’égalité irréductible des identités ethniques, religieuses, culturelles qui la composent est l’utopie que partage aujourd’hui une partie des habitants de ce pays. Ils ne sont pas très nombreux. Mais ils ne sont pas non plus une quantité négligeable.

 

Ils mènent au sein de la société civile un remarquable travail d’information, de persuasion, de revendication, dont les résultats ne doivent pas être sous-estimés. [...] Le livre de témoignages de Sinem Karatas, dans lequel elle décrit aussi son propre parcours par rapport à la prise de conscience du problème arménien, apporte une pierre à cet édifice, petite mais précieuse.

La quatrième de couverture du livre : Le « peuple invisible », étrange et troublante expression pour désigner les Arméniens de Turquie. Ces Arméniens qui se cachent encore un siècle après le génocide de 1915, sont révélés ici à travers seize entretiens.

Fethiye Çetin, avocate célèbre, raconte : « C’est à un âge avancé que ma grand-mère m’a transmis son secret. J’avais alors environ vingt-quatre ans. J’ai appris qu’elle était arménienne et tout le poids qu’elle a porté ».

Le cas d’Ahmet Abakay, journaliste turc renommé, est tout aussi éclairant. Sa mère lui confie à la fin de sa vie qu’elle n’est pas une Turque alévie mais une Arménienne. Il ose rendre publique l’histoire de sa famille. Certains de ses membres, scandalisés, l’ont menacé.

Les vérités ne sont pas toutes bonnes à entendre. Certains Turcs qui découvrent leurs origines arméniennes, refusent de l’assumer. On mesure le choc de se retrouver brutalement de l’autre côté du miroir, parmi une population persécutée et méprisée. Mais les langues se délient et la société civile turque, courageusement, commence son travail de mémoire. Cependant, l’Etat turc reste farouchement négationniste.

Milène Sinem Karatas, née à Ankara en 1984, est journaliste pour la télévision et la presse écrite. Elle travaille en Turquie et en France, où elle vit actuellement.