Communiqué de la Représentation du Haut-Karabagh en France

 

A Bakou, du 12 au 15 janvier 1990, deux ans après la tuerie de Soumgaït, la milice azerbaïdjanaise a fait subir à la communauté arménienne d'indicibles atrocités. L'histoire de Bakou, pourtant, est liée à l'histoire de cette même communauté arménienne qui a contribué plus que toute autre à la prospérité économique, culturelle et sociale de cette ville. Les autorités azerbaidjanaises ont donné le signal et ni le pouvoir central soviétique, ni l'armée chargée de maintenir l'ordre ne sont intervenus. Parce qu'ils étaient d'origine arménienne, des centaines d'hommes, de femmes, d'enfants et de personnes âgées ont été massacrés dans la capitale de l'Azerbaïdjan.
Par la terreur, la violence la plus primaire et les instincts les plus bas, c'était la réponse de l'Azerbaïdjan à la revendication pacifique du peuple du Haut-Karabagh pour son droit à l'autodétermination.

Voici quelques extraits des articles parus dans les media internationaux au moment des faits.

«...des témoins ont dit que des gangs s'étaient séparés d'une énorme manifestation à Bakou samedi soir et se sont déchaînés dans les rues, employant des listes polycopiées pour trouver les maisons d'Arméniens et les en chasser.

...Elza Agiyants une Arménienne née à Bakou a dit qu'après avoir vu la plupart des 220 000 Arméniens de la ville s'enfuir en deux ans, "ce lundi là, quinze personnes se sont ruées dans son appartement ? Nous étions terrifiés. Ils ont dit 'Donnez nous vos clefs'. Ils ont dit 'il faut que vous partiez'.
Bill Keller, correspondant spécial de New York Times à Moscou

« ....Arriver à l'aéroport alors que la foule hystérique tentait d'en fermer tous les accès relevait d'une véritable odyssée... », Agence Reuter, extrait repris de l'entretien accordé par le champion du monde d'échecs Garry Kasparov à El Paìs

« ...La rue Lénine, une des rues centrales de Bakou, était noyée dans le sang. Les Russes habitant dans la capitale azérie se rappellent avec terreur les scènes de massacres de leurs voisins, qui ont été abattus, jetés des balcons, brûlés vivants et même démembrés par les foules déchaînées des Azéris.
«Nous avons vu ici les tueurs les plus impitoyables» a raconté au téléphone un journaliste de Bakou. «Ils attaquaient les hommes et les femmes, les jeunes et les personnes âgées seulement parce qu'ils étaient Arméniens. Etre Arménien en Azerbaïdjan signifiait être préalablement condamné à mort», Radio « Svoboda » (Liberté) de Moscou.

« ...Le bilan officiel des progroms de Bakou se monte maintenant à trente-quatre morts. Six cent soixante Arméniens ont été évacués lundi de la capitale azerbaidjanaise par bateau car la route de l'aéroport n'était pas jugée sûre. Dans Troud, l'organe des syndicats, on lit : " La nuit a été aussi terrible que la précédente. A nouveau brûlaient les feux des progroms. A nouveau coulait le sang des innocents. Sous nos yeux, des soldats ont sauvé une femme que des jeunes gens entrainaient dans une cour. A vingt mètres de là, trainaient dans une décharge, tels d'atroces poupées noires, deux cadavres calcinés. On a aussi brûlé des gens sur la place de la gare... », Bernard Guetta, URSS: l'état d'urgence dans le Haut-Karabakh "Où est le pouvoir soviétique?", Le Monde

« ...Ces personnes sont les survivantes d'un week-end de violence dirigé contre qui ont continué de vivre à Bakou malgré une tension ethnique croissante. Ces pogroms comme les soviétiques ont appelé la chasse méthodique des Arméniens, ont fait au moins 60 morts et plus de 200 blessés, selon l'estimation du ministre de l'intérieur soviétique. »
Esther Schradeh, envoyée spéciale du Los Angeles Times à Yeraskh, Union Soviétique.

Les événements de Bakou, suivis de la déportation massive de la population arménienne de tout l'Azerbaïdjan, scandalisèrent le monde civilisé par leur violence et leur brutalité digne d'un autre âge, ravivant dans les esprits des Arméniens le trauma du Génocide de 1915.

Tandis que les journaux, radios et télévisions du monde entier transmettaient la chronique sanglante de janvier 1990, l'armée azerbaïdjanaise lançait une opération militaire d'envergure contre la population du Haut-Karabagh, faisant ainsi sombrer dans la guerre et le chaos toute la région du Caucase du Sud.
Aucun des auteurs de la barbarie de Bakou ne fut poursuivi ni traduit en justice.

A ce jour le nombre exact des victimes des événements de Bakou reste inconnu. Selon différentes sources de 150 à 300 Arméniens y furent tués. Les pogroms se poursuivirent jusqu'au 20 janvier, date à laquelle les troupes soviétiques investirent finalement Bakou.

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